Cinq talents essonniens seront à l’honneur au festival Essonne en scène RTL2 à Chamarande les 1ᵉʳ et 2 septembre 2023, aux côtés des têtes d’affiche comme Juliette Armanet ou Mathieu Chedid. Parmi eux, La Veine et Triinu, issus d’un accompagnement musical 100 % local.
En 2021, année record, le festival a rassemblé 16 000 spectateurs. Cette année, les organisateurs misaient sur 17 000 entrées, mais la fréquentation devrait plutôt se situer autour des 20 000 spectateurs, selon le service de communication. Pour cette édition 2023, le public s’est rapidement arraché les 10 000 places de la soirée d’ouverture, vendredi 1er septembre, qui verra Mathieu Chedid et Juliette Armanet monter sur scène. Shaka Ponk et Pierre de Maere, notamment, sont programmés le samedi avec encore quelques places disponibles.

Aux côtés de ces stars de la musique pop-rock française, cinq talents essonniens ont été sélectionnés, Imparfait, Dynah, Krill, Triinu et la Veine. Qui sont-ils ? Comment se préparent-ils à l’événement ? La rédaction a rencontré Triinu et La Veine, deux talents émergents qui ont bénéficié de l’appui des structures essonniennes pour développer leurs projets musicaux.
Triinu, « l’Essonnienne la plus estonienne de France »
Triiinu est une autrice-compositrice, chanteuse et guitariste, originaire d’Estonie. Elle se défend de livrer des morceaux minimalistes, comme souvent imaginé à propos de la musique nordique : « Je suis seule en scène, mais il y a l’énergie rock. J’essaye d’utiliser le moins de notes possible pour aller à l’essentiel. « Kookon » est l’une des chansons les plus rock qui se jouent dans la session live. J’incarne un personnage assez fou et rigolo. »
Son identité estonienne fait son originalité. Le lien entre Triinu et sa grand-mère est fort et se ressent dans sa musique. «“Wasps” a été écrit pour elle. […] La chanson parle de ce sentiment de culpabilité, de ne pas avoir pu retourner la voir, de l’anxiété. » Triinu reprend aussi certains « Regilaul », des chants traditionnels estoniens. Celle qu’elle aime reprendre le plus est Ait Nooriku Magada, racontant l’histoire d’une femme qui chante à un homme les regrets de son amour. « Je chante mot pour mot les Regilaul, c’est a cappella de base et chanté plutôt par des femmes. » Elle joue également à la guitare avec un archet de violon, et nomme sa musique « expérimentale ». « De plus en plus, je commence à écrire mes propres chansons en estonien ».
Rock et nostalgie
La Veine est un quatuor composé de Thibault au chant et à la guitare, Maxime à la guitare, Matthieu à la basse et Axel à la batterie. « Il y a beaucoup de nostalgie dans notre musique, dans les textes surtout et même dans la façon de composer, les accords. J’adore ce ressenti de nostalgie, en gardant ce truc authentique, analogique, rock », explique Thibault Cunsolo. Le groupe insiste sur le jeu des guitares. « On n’a que du matos vintage, où l’idée c’est d’avoir un truc qui sonne, organique et un peu typé. »

L’aventure musicale démarre entre frères pendant l’enfance, mais le projet naît il y a cinq ans, en 2018, à Saintry-sur-Seine. Depuis, le groupe a été recomposé : « Je l’ai remonté cette année avec de nouveaux musiciens, dont Maxime qui était à la fac d’Évry avec moi en musicologie. On a réussi à trouver très rapidement notre complicité qui est différente que celle que j’avais avec mes frères. »
L’appui du réseau essonnien
La Veine et Triinu commencent tous les deux leur accompagnement à la MJC de Villebon-sur-Yvette, respectivement en 2018 et 2019. Triinu joue des premières parties, tourne ensuite des vidéos à Palaiseau où elle est accompagnée par le Klobe. « J’ai été entourée assez vite par l’Essonne, ça a bien marché, ça m’a ouvert pas mal de portes. […] L’Essonne m’a donné les moyens, la possibilité et surtout de développer et d’approfondir mon projet », explique l’artiste. « C’est marrant, un ami m’a dit que j’étais l’Essonnienne la plus estonienne de France ».
Après la MJC, le groupe La Veine continue son chemin en passant par les dispositifs d’accompagnement Mach 6, au conservatoire d’Arpajon, et deux scènes de musique actuelle locales, l’Empreinte, à Savigny-le-Temple (77), et le Plan, à Ris-Orangis. « Au Plan, ils nous ont fait des coachings en arrangement, des coachings scéniques et on a fait des résidences pour travailler des sons avec d’autres ingénieurs sons. »
« C’est cool qu’enfin on puisse y jouer »
Triinu et La veine, tous deux programmés le samedi 2 septembre, feront leur rentrée à Essonne en scène RTL2, après une journée de résidence de préparation à Paul B, à Massy, à la fin du mois. « Essonne en scène, c’est un festival sur lequel on avait des vues depuis longtemps. C’est cool qu’enfin on puisse y jouer », se réjouit Thibault avant d’ajouter : « Souvent quand t’es sur une grosse scène, t’es tenté de t’étaler, ce qui est un peu dangereux parce que tous tes repères changent, témoigne le chanteur de La Veine. Nous, on va garder un plan de scène compacte comme on a l’habitude de faire. […] Il y a un truc que j’ai énormément bossé, et ça c’est un peu ma patte à moi, c’est le son, le live. »
Pour défendre la scène émergente essonnienne, Richard, Klaar et Eliott du trio Krill, la chanteuse Dynah et le groupe Imparfait monteront sur scène le vendredi 1er septembre. Les trois artistes de Kriill transmettront leur univers musical sensible au vivant, tandis que dans son costume pop, Dynah emportera le public dans ses sonorités électroniques, aux côtés de la musicienne Manon Lattoni. Le groupe Imparfait, quant à lui, livrera son show rock sans concession.
Informations pratiques :
Festival Essonne en scène RTL2, vendredi 1ᵉʳ (complet) et samedi 2 septembre 2023 au domaine départemental de Chamarande, 38 Rue du Commandant Maurice-Arnoux à Chamarande (gare RER Chamarande, ligne C). Programmation et billetterie : festivalrtl2essonneenscene.fr
Ecrit par Laurène Lemercier

