Le sport est un combat pour les photographes exposés à L’Œil Urbain cette année

La 12ᵉ édition du festival de Corbeil-Essonnes explore le thème de la flamme en référence aux Jeux olympiques et paralympiques. Il convoque dix photographes contemporains, exposés partout dans la ville.

Le sport comme arme politique ? Le festival photographique de Corbeil-Essonnes aborde l’année des Jeux olympiques et paralympiques à travers des problématiques actuelles : migration, santé, écologie ou encore les violences sexistes et sexuelles. En témoigne le projet Ludivine : figures imposées, figures libres de la photographe Nathalie Champagne sur l’athlète de roller artistique Ludivine Malle. La série raconte la résilience de cette dernière après des années de violences sexuelles subies de la part son ancien entraîneur.

Ludivine Malle attend son passage pour le programme court de roller artistique. Photo Nathalie Champagne

« J’utilise le médium photographique pour explorer l’intime en tentant de faire apparaître une poésie en clair-obscur », explique Nathalie Champagne. La Ville expose les œuvres de neuf autres photographes, dont celles d’un artiste en résidence, Cyril Zannettacci de l’Agence VU’. Pour cette 12ᵉ édition, L’Œil Urbain convie Raymond Depardon en tant qu’invité d’honneur. Il avait capturé le poing levé d’athlètes américains contre les discriminations raciales lors des Jeux olympiques de 1968.

Corps battant

Autrement dit, le récit des combats de sportifs prend différentes formes sous l’objectif des photographes. Pour Charles Thiéfaine, le corps des bodybuildeurs de la série Sinan et Nebraz raconte la résurrection de Mossoul après des années de guerre – la ville ayant été capitale de l’État islamique en Irak. La photographe Laurence Kourcia accompagne Charles Thiéfaine dans les allées Aristide-Briand. Ses œuvres portent sur des danseurs de breakdance, discipline qui fait son entrée aux JO cette année.

Sinan et Nebraz sont deux frères jumeaux et bodybuildeurs professionnels. Photo Charles Thiéfaine

Ces photographies permettent de « mettre en lumière les vecteurs de cohésion sociale et d’intégration que sont l’art et le sport », selon l’artiste. Comme chaque année, les expositions sont accessibles à pied depuis la gare RER et se nichent partout dans la commune, en intérieur comme en extérieur. En 2023, la galerie d’art municipale, le parvis de l’Hôtel de Ville, le square Crété et d’autres lieux ont accueilli près de 18 000 personnes à cette occasion.

En pratique :
12ᵉ édition de L’Œil Urbain – Festival Photographique à Corbeil-Essonnes ; du samedi 6 avril au samedi 11 mai, gratuit.
Le programme complet est à retrouver sur le site internet de L’Œil Urbain.