À la Résidence Tamias, le lama comme thérapie

Cracheurs, les lamas ? Si leur réputation les précède, ces camélidés savent pourtant se montrer extrêmement dociles et familiers. À la Résidence Tamias, la maison de retraite située à Quincy-sous-Sénart, ils ont su créer une parenthèse enchantée.

Article en partenariat avec la Résidence Tamias

« Des petits bonheurs, on en a besoin. J’ai senti que c’était un moment de joie pour lui. » Ce jour-là, à la Résidence Tamias, lorsque Marcelle est venue rendre visite à son époux, René, elle ne s’attendait pas à vivre un moment mémorable. Il faut bien le dire, deux créatures étonnantes avaient pris possession de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Quincy-sous-Sénart : des lamas ! Les résidents ont l’habitude d’accueillir des animaux puisque tous les mois, les chevaux viennent à la résidence et que les chiens sont autorisés lors des visites de la famille ou des amis, mais avec la venue des lamas, Michèle Noia, la directrice, souhaitait susciter encore plus d’émotions. Elle avait vu juste, comme en témoigne la réaction de René.

« Le lama a mis sa tête sur son épaule et, machinalement, il s’est mis à le caresser. »

Celui qui autrefois escaladait les glaciers, jouait de la guitare et s’intéressait à l’histoire a dû prendre pension à Tamias il y a un an. René, 87 ans, est atteint de la maladie d’Alzheimer. Marcelle, son épouse depuis 60 ans, a pris soin de lui pendant trois ans avant de prendre cette difficile décision. Avec cette maladie, il faut « vivre l’instant présent, explique-t-elle. Nous n’avons plus de conversation ou c’est très limité ». L’émotion est palpable lorsqu’elle évoque toutes les années partagées avec son bien-aimé : « c’était quelqu’un de merveilleux. Il faisait beaucoup de choses et il les faisait à fond. Nous étions fusionnels. »

Pour Marcelle, la rencontre avec les lamas restera un moment inoubliable. Photo LC-M’Essonne

Déconnecté du monde qui l’entoure, immobilisé dans un fauteuil roulant, René communique peu et « il n’avait pas bougé depuis un moment » témoigne Marcelle. L’intervention des lamas de l’association « Le lama et ses ressources » basée à Abbeville-la-Rivière, en Etampois-sud-Essonne, a su apporter une bouffée d’air dans le quotidien de Marcelle et René.

René est sorti de sa bulle le temps d’une rencontre avec l’alpaga Caramel. Photo Résidence Tamias

« J’ai pris un lama par la longe, je l’ai caressé, puis il est venu spontanément vers René, explique Marcelle. Le lama a mis sa tête sur son épaule et, machinalement, il s’est mis à le caresser. » Ce geste, qui peut paraître anodin pour beaucoup, est un signal fort pour Marcelle, mais aussi l’équipe soignante de la résidence.

Stimulation sensorielle, mobilité et apaisement

« Les lamas évoquent l’amusement, ils intriguent, mais leurs présences ont généré de l’apaisement et des réactions grâce à la stimulation sensorielle », décrypte Michèle Noia, la directrice de l’Ehpad de Quincy-sous-Sénart.

Le nourrissage fait partie des interactions proposées par l’association de médiation animale et a ravi les résidents. Photo Résidence Tamias

Pour Isabelle Barberot, fondatrice et bénévole de l’association « Le lama et ses ressources », les interventions avec ses camélidés ouvrent « un large panel sensoriel […] grâce au brossage et nourrissage, aux caresses et au toucher. » Elle se déplace avec Caramel, un alpaga de 12 ans, et Kerla, un lama de 7 ans. « Ce sont des animaux propres et calmes, décrypte la médiatrice animalière. Le lama a plus la réputation de cracher que d’être sympa, mais en fait, ils ne se crachent dessus qu’entre eux. Ils n’ont pas de dents en haut et ne peuvent donc pas mordre. »

L’alpaga, de taille plus petite que son cousin le lama, est à hauteur de personne en fauteuil roulant. Cela permet à ce type de public de le promener en longe et ainsi travailler sur la mobilité. À Tamias, « presque tous les résidents sont venus pour l’activité. Ils étaient intrigués », raconte Michèle Noia.
De la curiosité, du recul, des rires, des larmes ou un simple « petit moment de joie » comme pour Marcelle et René : la venue des lamas, à Quincy-sous-Sénart, n’a laissé personne indifférent.

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