Premiers producteurs français de cresson de fontaine, les cressiculteurs de l’Essonne ont lancé la marque collective Cresson de Méréville. Derrière cette démarche commune, un but : faire reconnaître leur filière et obtenir un label européen Indication géographique protégée.
L’idée est née en 2012 : faire reconnaître et protéger le cresson de Méréville en devenant une Indication géographique protégée (IGP). Les acteurs de la cressiculture essonnienne et les territoires concernés, notamment le Parc naturel régional du Gâtinais français, la communauté d’agglomération de l’Étampois sud Essonne (Caese) et l’association des cressiculteurs essonniens travaillent de concert depuis lors pour atteindre cet objectif, soutenus également par la sous-préfecture d’Étampes, le Département et la Région. Une des étapes décisives du parcours vers l’IGP a été franchie la semaine dernière avec le lancement de la marque collective « Cresson de Méréville ». Les 24 adhérents de l’association des cressiculteurs essonniens vendront donc désormais leur or vert sous un même logo, qu’ils le cultivent dans Le Mérévillois, à Vayres-sur-Essonne, Cerny, D’Huisson-Longueville ou même à Autruy-sur-Juine dans le Loiret.

L’IGP, un label européen
L’indication géographique protégée est un label européen qui identifie « un produit agricole brut ou transformé dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique, rappelle l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) sur son site internet. En d’autres termes, elle touche aussi bien des produits non transformés comme le thym de Provence ou le melon du Quercy, que des produits transformés comme le champagne ou la tomme de Savoie. En plus du lieu de production, l’IGP tient compte du savoir-faire nécessaire à l’élaboration de chaque produit, contribuant ainsi à la préservation de méthodes de culture ou de fabrication authentiques et séculaires. En France, 146 IGP existent dont 74 vins, qui sont éligibles au label depuis 2009.
Un soutien à la filière essonnienne
Pour le cresson de Méréville, obtenir l’IGP permettra de soutenir la filière en faisant reconnaître le travail des cressiculteurs, en aidant au maintien et à la reprise des exploitations et en soutenant la rentabilité du secteur. Même si « les démarches administratives ont été longues et [que] les cressiculteurs n’ont pas beaucoup de temps », comme l’a souligné Olivier Barberot, le président de l’association des cressiculteurs essonniens, lors du lancement de la marque vendredi 5 mai 2023, le cresson est éligible à l’obtention de l’IGP et cela devrait être effectif dans trois à cinq ans.

En Essonne, 1236 tonnes de cresson de fontaine sont produites tous les ans sur les 16 hectares de terrains qui lui sont dédié. Le cresson est aussi cultivé dans le nord de la France, dans le Rhône ou en Côte d’Or, mais l’Essonne est le producteur français numéro un en méthodes artisanales avec 30% de la production nationale. La plus ancienne cressiculture essonnienne, la cressonnière Sainte Anne à Vayres-sur-Essonne, fêtera ses 170 ans en 2024 où son exploitant, Mikael Morizot, cueille la plante à la main pour en faire des bottes.
L’or vert, comme il est souvent surnommé, est consommé depuis l’Antiquité et est reconnu pour ses qualités gustatives et nutritionnelles. Riche en vitamine A, K et C, notamment, il se décline sous forme de soupes, pestos, salades ou agrémente les plats de chefs cuisiniers inspirés.

