Le rapport entre les plantes et l’humain questionné dans une exposition à Chamarande

Jusqu’au dimanche 28 avril, l’exposition « Se planter – Récolter le soleil et cultiver la pluie » se déploie dans le Domaine départemental de Chamarande. Les œuvres multiformes de Karine Bonneval investissent l’orangerie, l’auditoire ou encore le pavillon du Belvédère.

Les plantes se laissent-elles si facilement approcher ? En se dirigeant vers l’orangerie du domaine, le visiteur est invité à imiter l’inclinaison d’un arbuste à travers l’œuvre Vertimus. Trois installations en bois, dont une pour les enfants, permettent de se pencher vers le vivant. L’une d’entre elles sert d’affiche pour l’exposition monographique de Karine Bonneval, dispersée dans le parc depuis le 3 février dernier.

Le visiteur doit basculer son corps sur cette structure en acier et bois pour épouser la forme de l’arbuste. Photo EH – M’Essonne

« L’artiste vient interroger notre rapport avec les plantes, explique Lyna Chibout, médiatrice culturelle, et la question de la possession. » L’installation à l’orangerie comprend dix œuvres, tandis que le château et le pavillon du Belvédère en accueillent quatre chacun. Karine Bonneval invite à la balade et à l’exploration d’un univers construit en collaboration avec des scientifiques, des philosophes ou encore des artisans. Les sculptures de la céramiste Charlotte Poulsen sont par exemple au centre de l’exposition.

Voir et écouter l’organique

L’intérêt de l’exposition réside dans l’implication du visiteur. Ce dernier va au contact de la nature, non seulement en parcourant le domaine, mais aussi en approchant son corps des œuvres. Dans l’orangerie, le dôme en carton Constellations peut se pénétrer pour observer de plus près les boîtes de pétri contenant des micro-organismes. « Il y règne une atmosphère scientifique », constate Lyna Chibout, dans ce planétarium du minuscule. Trois voiles décorent les murs, dont l’un fait figurer « l’écorce d’un chêne au microscope ».

Se planter, c’est littéralement se connecter au vivant avec les pieds et des capteurs au sol. Photo EH – M’Essonne

L’expérience est autant visuelle que sonore. Par exemple, les céramiques d’Écouter la terre diffusent en leur creux les sons du sol. « Elle a planté un micro à l’intérieur de la terre, sans qu’on puisse identifier clairement les bruits », commente la médiatrice culturelle. La visite peut même se révéler très sensorielle. Se planter avec l’aralia propose de « sentir les vibrations d’une plante connectée avec les pieds et en touchant des feuilles de cuivre ».

Les mystères du végétal

Au pavillon du Belvédère, tout à l’est du domaine, la proximité entre l’humain et le végétal est évidente. La sculpture Green afro est une coiffe en feuilles de tissu : elle témoigne de la mainmise de notre espèce sur la nature. Il y a aussi la Tenue d’explorateur oursin et la Tenue d’explorateur osier, toutes les deux réalisées en 2011. Ces créations ne peuvent s’observer que depuis l’extérieur, à travers les vitres du pavillon.

Au pavillon du Belvédère, comme à l’auditoire et au château, les œuvres ne peuvent se voir que depuis l’extérieur. Photo EH – M’Essonne

Dans l’auditoire, l’œuvre Victoria wax « met en parallèle les notions d’exotisme, de colonialisme et l’exploitation continue des sols », instruit le dossier de l’exposition. Pour poursuivre l’expérience, des animations sont organisées, comme la balade en compagnie de Karine Bonneval et de l’écophysiologue Claire Damesin, le dimanche 7 avril à 10 heures. L’artiste convie aussi le public à une installation participative, le vendredi 26 avril à 17h30, appelée Les arbres rêvent-ils de CO² ?

En pratique :
Exposition « Se planter – Récolter le soleil et cultiver la pluie » au Domaine départemental de Chamarande ; jusqu’au 28 avril 2024, ouvert le mercredi 14 heures à 18 heures, le samedi et le dimanche de 13 heures à 18 heures, gratuit.
Toutes les informations sont à retrouver sur le site internet du Domaine départemental de Chamarande.