Arts et culture

Panayotis Pascot, l’humoriste de Bondoufle, fait tourner son seul en scène

Entretien

À l’âge de 17 ans, en septembre 2015, il devenait l’un des chroniqueurs star du Petit journal sur Canal +, avant de rejoindre l’équipe de l’émission Quotidien. Désormais, Panayotis Pascot conquiert son public sur les planches des salles de spectacle de France avec son premier seul en scène « Presque » dans lequel il n’a pas oublié son Essonne natale. Entretien.

M’Essonne : La tournée de votre spectacle Presque, débutée en 2019, a repris mi-septembre après une année d’interruption due au Covid. Comment se passe les retrouvailles avec le public ?
Panayotis Pascot : « J’avais quand même fait quelques dates entre les deux confinements, mais c’était très particulier car on était à demi jauge, on n’était pas encore habitués au masque, on faisait les spectacles à 17h30… Là, on revient à la normale. On est à pleine jauge, certes masqués, mais tous ensemble et on joue à 20 heures. On sent vraiment une ambiance de retrouvailles, un peu comme un vieux couple qui n’a jamais cessé de s’aimer. […] Il y a 55 dates prévues dans toute la France et dans des « petites villes » et c’est super d’ouvrir la saison culturelle à certains endroits. Je suis heureux, je me sens chanceux de pouvoir faire ça. »

Panayotis Pascot fait de nombreuses références à sa jeunesse en Essonne dans son spectacle. Photo (c) Louise IMPR
Panayotis Pascot fait de nombreuses références à sa jeunesse en Essonne dans son spectacle. Photo (c) Louise IMPR

Vous avez récemment déclaré à 20 Minutes, avoir fait « une carrière à l’envers ». Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par là ?
P. P. : « Oui, je continue par le début. Quand j’étais à la télévision, ça a été très très tôt très vite et je voulais faire de la scène aussi. J’ai commencé la scène en même temps et il y a une règle un peu unilatérale pour la scène, c’est qu’on est obligé de monter tous les soirs sur scène si à un moment on veut être bon. […] J’ai fait un choix : j’ai quitté la télévision pour faire de la scène, car c’est vraiment ce que je voulais faire. J’ai quitté 2 millions de téléspectateurs pour aller dans des comédy clubs devant 27 personnes, dans des caves à République à Paris, à être payé au chapeau à la fin et à rentrer chez moi avec 22 euros dans la poche. »

Est-ce que c’était une étape indispensable pour vous construire ?
P. P. : « C’était plus que nécessaire. Je ne voulais pas faire un spectacle tout de suite après la télévision pour ne pas remplir les salles grâce au public de la télévision. Je voulais vraiment reprendre les bases, c’est pour cela que j’ai lancé le spectacle trois ans après. Je voulais vraiment prendre le temps de savoir ce que je voulais faire, ce que je voulais dire parce que pour moi, c’est [le spectacle] une prise de parole qui est vraiment unique : pendant 1h30 on est ensemble, personne n’est sur son portable, on s’écoute. »

Votre tournée se déroule en France, en Suisse et en Belgique, dans plus de cinquante salles. Qu’est-ce qui a déterminé le choix de ce programme ?
P. P. : « J’ai préféré faire 55 dates dans des « petites villes », que 10 dates avec Paris, Lyon, Marseille, et cætera. On fait des salles de 250 à 1000 personnes et on va partout, partout. J’aime l’intimité et que l’on soit tous dans la zone de confort de l’autre. Je n’aime pas les spectacles où on est à 100 mètres de la personne sur scène et être obligé de plisser les yeux pour la voir. J’aime beaucoup l’idée de parler aux gens comme je parlerais à des potes dans un bar. »

Parlez-nous de votre spectacle. Qu’est-ce qui vous inspire ?
P. P. : « Ce qui m’inspire ce sont les choses que techniquement on cache aux autres, les non-dits, tout ce qui va être non assumé d’habitude. Souvent, j’aime bien ce moment où les gens sont un peu surpris que je parle de ces trucs-là dans un spectacle comique, comme l’enfance, la filiation, la crise de la quarantaine, le fait que la vie c’est peut-être pas aussi bien qu’on le dit tout le temps… Du coup, c’est assez marrant de voir la tête des gens qui se demandent pourquoi je parle de ça, alors que ce sont des sujets très universels. On a tous nos méandres, on les partage, on a tous les mêmes espèces de trous noirs, c’est normal. »

« J’ai eu envie de faire de la scène à 13 ans parce que j’ai vu Alex Lutz à Lisses. »

Panayotis Pascot

Dans vos chroniques pour Le petit Journal, vous faisiez des clins d’œil à l’Essonne et Bondoufle où vous avez grandi, comme, par exemple, avec madame Vezinet, votre professeur principale du lycée. Est-ce que vous faîtes toujours référence à des lieux ou des personnes que vous avez connus en Essonne, dans votre spectacle ?
P. P. : « Oui. Je parle beaucoup du moment où j’étais à Bondoufle et que je voulais vraiment aller à Paris avec mes amis pour parler aux humoristes à la sortie des théâtres et des comedy clubs. Je raconte aussi mes cours d’accordéon au conservatoire de Bondoufle. Je raconte plein de petites choses liées à l’enfance et à cette notion de « presque », comme quand on m’a fait comprendre qu’il faut devenir inclus dans la société. Avec mes amis au collège et au lycée, on se disait qu’à un moment il faudrait faire partie du rouage et qu’il ne faudrait pas louper le cap. J’en parle beaucoup dans mon spectacle. »

Quand on est en Essonne, on est « presque » à Paris, mais pas à l’endroit exact des grands lieux de la culture et des stars. Est-ce que c’est quelque chose qui vous a marqué ?
P. P. : « Oui, c’est entre autres pour ça que [pour la tournée] j’ai choisi des villes qui ne souvent pas souvent envisagées. C’est-à-dire que très souvent on fait Lille, Rennes… Et moi je voulais vraiment aller un peu partout. Je me souviens que de quand j’étais plus jeune et j’ai eu envie de faire de la scène quand j’avais 13 ans parce que j’avais vu Alex Lutz à Lisses. Je me souviens aussi d’avoir vu Claudia Tagbo dans une autre salle à côté. Je trouve ça dommage de ne pas honorer ce public-là. Quand j’étais jeune, j’ai eu vraiment accès à la culture parce que des gens se déplaçaient à Lisses, et caetera. […] Là, il y aura Brunoy, Sainte-Geneviève-des-Bois… Ça ne sera pas : c’est seulement Paris et si vous voulez venir voir, il faut venir à Paris. »

Vous avez aussi sorti un court-métrage, dans lequel vous jouez avec Alex Lutz, où l’on vous découvre une autre facette loin de l’humour. Est-ce que c’était une façon de ne pas s’enfermer dans la case « humour » ?
P. P. : « Pas forcément, j’ai l’impression d’avoir traité un pitch comique d’une manière pas comique. Techniquement, un braqueur qui prend en otage quelqu’un qui ne tient pas à la vie et qui essaie de lui redonner goût à la vie pour qu’il redevienne juste un otage, ça pourrait être quelque chose de comique. J’ai juste décidé de le traiter de façon non comique, mais finalement c’est ça l’humour : prendre du recul sur la vie. »

Panayotis Pascot sera au théâtre de Brunoy dimanche 10 octobre 2021, à Sainte-Geneviève-des-Bois le dimanche 17 octobre, à Breuillet le 6 février 2022, à Longjumeau le 11 mars et à Palaiseau le 20 mai 2022.

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