Entretien avec Yan Morvan, le photographe de « Ceux de Corbeil »

Durant l’année 2020, le photojournaliste Yan Morvan a choisi d’immortaliser les habitants de Corbeil-Essonnes. Sa résidence pour le festival L’œil urbain s’inscrit dans une démarche sociétale. La série « Ceux de Corbeil » ne dépeint pas seulement des hommes et des femmes du quotidien, mais aussi une époque.

À la Commanderie Saint-Jean, il y a Corinne, l’infirmière de 62 ans ; Ftimata, du quartier des Tarterêts ; Henri, le rockeur ; Olivier, l’ouvrier de l’imprimerie Hélio ; Nathalie, la restauratrice reconvertie en serveuse ; la famille Constantin venue de Roumanie… Leurs portraits en noir et blanc, grandeur nature, s’imposent au regard par leur taille, mais aussi parce qu’ils fixent dignement l’objectif. À côté de leurs portraits, un petit questions-réponses dans lequel ils dévoilent un morceau de leur existence. Eux, ce sont « Ceux de Corbeil », ceux que le photo journaliste Yan Morvan a photographié chez eux, dans leur quartier ou sur leurs lieux de travail. La cinquantaine de portraits d’habitants de Corbeil-Essonnes est le fruit de la résidence photographique 2020 proposée par L’œil urbain et menée par Yan Morvan.

« Je ne connais pas la ville, ça ne m’intéresse pas. Ce sont les gens qui m’intéressent. Les paysages, pour moi, ce sont des décors », explique le photographe.

« Ce sont les gens qui m’intéressent. Les paysages, pour moi, ce sont des décors. »

Yan Morvan

Yan Morvan a débuté sa carrière en 1974, a immortalisé les conflits au Liban, au Rwanda, en Irlande du Nord, notamment, a photographié les punks, la prostitution… Mais, au long de l’année 2020, c’est à Corbeil-Essonnes qu’il a usé du flash.

« C’est ma première résidence, je n’avais jamais fait cela, car je n’ai pas une démarche d’artiste, explique-t-il. J’ai l’habitude de photographier des marginaux, que ce soit la guerre, les gangs, le sexe, et cætera. Je me suis souvent retrouvé avec des personnages « mode » dans mes images et là, j’avais des personnages du quotidien. Et je me suis dit : est-ce que je peux sortir quelque chose de cela ? Parce que la photographie est aussi un challenge. »

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