Trois jours de fête s’annoncent sur l’ancienne base aérienne 217 à Brétigny-sur-Orge et Plessis-Pâté. La Fête de l’Humanité, l’un des plus grands rassemblements de France, s’installe en Essonne jusqu’à ce dimanche 11 septembre 2022.
En un mois, une véritable ville est sortie de terre. Sur plus de 50 hectares, la BA217 se prépare à accueillir plus de 300 000 personnes durant trois jours. La fête de l’Humanité célébrera sa 87e édition en Essonne et y reviendra chaque année pendant dix ans. Alliant concerts, débats, stands, spectacles, projection cinématographique et restauration, la fête de « l’huma » fait partie des plus grands rassemblements de France : en 2019, 450 000 visiteurs avaient foulé le site historique de La Courneuve.
10 000 personnes pour l’installation
L’équipe organisatrice est rodée pour mettre sur pied un tel événement, mais la logistique n’en est pas moins impressionnante pour installer les 300 stands de 10 à 800 m² et ceux de près de 3000 m² comme le forum social ou le village du livre, les 3 scènes musicales, les zones de stationnement et tous les espaces techniques ou privatifs. En tout, ce sont 10 000 personnes qui œuvrent à la mise en place de la fête de l’Huma.

« Certains sont sur le site depuis un mois » explique Théo Serfaty, chargé de programmation et des stands. L’installation sur ce nouveau site a permis de repenser l’implantation de la fête avec quelques nouveautés : « on est parti de ce qu’il y avait sur le site puisqu’il y avait quelques voies carrossables ; on en a fait rajouter. Nous avons travaillé en très étroite collaboration avec Cœur d’Essonne et la SPL1 qui tient la base. Ils se sont chargés d’alimenter le site en eau et en électricité et de mettre en place l’assainissement », développe-t-il. Les organisateurs ont dû répartir ces services pour chaque stand, délimiter les différentes zones, tracer des chemins piétonniers pour le public et des zones de circulation pour les véhicules, mettre en place la signalétique ou les campements visiteurs pour permettre à cette ville éphémère de sortir de terre.
À chaque stand son lieu de vie
Derrière toutes les allées que les visiteurs pourront arpenter se cache un autre réseau, dédié aux services techniques et aux stands. « Chaque stand est une organisation qui a sa propre base de vie avec son camping, sa cuisine, ses toilettes, ses poubelles, et cætera. Il peut y avoir 200 militants sur un stand pour le faire fonctionner donc cela représente une bonne organisation », décrypte Théo Serfaty.

À cette organisation bien rodée, des nouveautés se sont invitées avec l’arrivée sur le site essonnien. « Nous avons pu mettre en place une route circulaire tout autour de la fête, explique Théo Serfaty. […] Le centre névralgique et politique de la fête [l’agora, N.D.L.R] avec l’esplanade centrale Jean-Jaurès centralise toutes les avenues. […] Les bureaux de l’organisation sont venus se placer juste derrière l’agora, ça aussi, c’est une nouveauté. Ils réunissent les équipes qui font le journal à l’année et aussi les équipes d’intermittents, de salariés, de stagiaires, d’alternants par exemple qui construisent la fête sur un temps un peu plus court. »

Une artiste essonnienne en ouverture de la grande scène
« On est surtout un événement politique où des collectifs et organisations viennent parler de leurs luttes, donc on réfléchit à la programmation politiquement, culturellement et d’une manière générale pour le public. Nous sommes le plus grand rassemblement en France alors, nous avons l’obligation d’avoir une programmation très éclectique. Nous avons des artistes qui ne sont pas forcément engagés », explique Théo Serfaty. Car s’il est vrai qu’une part des visiteurs se déplace pour le côté politique ou engagé de la fête, une grande partie recherche surtout « l’ambiance et la fraternité que l’on peut avoir dans les allées de la fête ». De Benjamin Biolay à Soviet suprem, des Wampas à Deluxe, en passant par Dutronc et Dutronc ou encore Skip the use, les trois scènes de la fête ne vont en effet pas manquer de séduire le public le plus large, qu’il s’agisse des goûts musicaux ou de la génération.

« L’aspect local joue aussi un rôle assez important dans la programmation, » assure le chargé de programmation. Ainsi, Ronisia ouvre la grande scène ce vendredi en fin d’après-midi. Cette jeune artiste originaire du Cap Vert a grandi à Grigny où elle a fait ses premiers pas en musique. Elle sort son premier morceau en 2019 à l’âge de 20 ans et enchaîne les succès notamment avec son morceau « Atterrissage » qui compte aujourd’hui plus de 58 millions de vues sur Youtube. Elle a sorti son premier album, Ronisia, début 2022.
Samedi, le rappeur masqué d’Évry, Ziak, sera sur la scène Joséphine Baker, tandis que dimanche, le groupe rock Ghinza originaire de Palaiseau sera sur la scène Zebrock, dédiée aux lauréats du tremplin musical du même nom. Aussi, chaque après-midi, la scène montante locale sera représentée sur le stand de la ville de Brétigny-sur-Orge avec Toan’Co, Eolîne ou Thibault du groupe La Veine.
NOTE : SPL, Société publique locale.

