Territoire et société

Sauver le Gambrinus pour le prix d’un apéro

Connu des noctambules et autres amoureux de concerts et jeux de société, la Taverne Gambrinus, à Saint-Michel-sur-Orge, vit une période incertaine en cette année particulière. Son patron, Laurent Besson, a mis sur pied une cagnotte participative pour sauver son établissement.

« C’est pas une fois qu’il sera plus là qu’il faudra dire que c’était bien. » L’artiste essonnien Harold parle de La taverne Gambrinus dans cette vidéo diffusée sur sa page Facebook le 12 décembre. Plus qu’un hommage à ce « lieu culturel accessible à tout un chacun », cette chanson est aussi une incitation à « se bouger » pour sauver l’établissement.

Une année difficile

En effet, le café-concert de Saint-Michel-sur-Orge est bel et bien en danger de fermeture, subissant de plein fouet les périodes de fermeture pour raisons sanitaires, et l’incertitude quant à la réouverture. « On a interrompu les concerts depuis le mois de mars, explique Laurent Besson, le patron de l’établissement depuis 2004. À la période intermédiaire, on était bien reparti ; on a travaillé quasi normalement, même avec les mesures sanitaires. » Mais depuis la deuxième fermeture, Laurent voit l’avenir d’un œil noir. Pour le Gambrinus, les difficultés s’enchaînent : il faut avancer les salaires des cinq employés en attendant les aides du chômage partiel. Mais celles-ci se font attendre car leur versement n’intervient que lorsque le paiement de la TVA est à jour… « C’est complètement aberrant, déclare Laurent Besson. Pour les 4000 euros de TVA dus, on me bloque 20 000€ d’aides… Et je ne vous parle même pas de ma situation, en tant que gérant, je n’ai le droit à rien. » Laurent déplore des charges qui perdurent et l’insuffisance du prêt contracté au printemps. « Il faut vraiment prendre sur soi pour ne pas faire une dépression », confie-t-il.

La taverne accueille des concerts tous les jeudis soirs. Photo (c) Newo
La taverne accueille des concerts tous les jeudis soirs. Photo (c) Newo

Une cagnotte comme une avance de trésorerie

Pour tenter de renverser la vapeur, le chef d’entreprise a lancé une cagnotte participative : « le moment est grave, on a vraiment besoin de vous !! » annonce-t-elle en préambule. S’il a tablé sur 22000 euros pour être certain de ne pas perdre la cagnotte, c’est en réalité 50000 euros qu’il faudra pour repartir sereinement. Soucieux de ne pas ponctionner les participants, les montants proposés correspondent en réalité à ceux d’une tournée, d’une pinte ou d’une année d’apéro. « C’est comme une avance de trésorerie. Par exemple, pour 300 euros, vous avez un verre par jour toute l’année en contrepartie, » décrypte le patron de La taverne Gambrinus.
Quatre-cent-quatre vingt-deux contributeurs ont déjà répondu à l’appel lancé il y a trente jours, et ont pu participer à hauteur de 20100 euros. Laurent Besson se félicite de la solidarité des contributeurs, parmi lesquels, de nombreux musiciens : « on est très branchés sur la musique actuelle depuis seize ans maintenant, donc on a un retour. »
Sauver une institution locale pour le montant, au choix, d’une girafe de bière, d’une pinte ou d’un repas pour vingt personnes : « C’est pas une fois qu’il sera plus là qu’il faudra dire que c’était bien ».

En pratique :

La cagnotte est accessible sur ce lien, sur le site de Kiskiss Bankbank

La taverne Gambrinus, 26 rue d’Enfer à Saint-Michel-sur-Orge
www.gambrinus-taverne.com

À lire aussi : Une cagnotte solidaire par amour du Stock

Photo de Une : Laurent Besson, entouré de son équipe et de quelques clients. Photo d’archive La taverne Gambrinus DR.

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